En italique

À l’occasion de Marseille-Provence Capitale européenne de la culture en 2013, l’association En Italique et la mairie de secteur des 2/3e arrondissements de la ville de Marseille développent un projet culturel nommé « Quartiers Libres ». Depuis 2012 et jusqu’en 2015, chaque année un artiste est invité à créer une œuvre avec le concours d’habitants dans un quartier en particulier, du Panier à la Belle de Mai, en passant par Saint-Mauront et la Joliette. « Quartier Libres » considère la qualité des patrimoines de ces arrondissements pour mettre en œuvre des actions culturelles soucieuses des formes comme des usages. Ce projet réunit plusieurs institutions artistiques et culturelles et bénéficie du regard de nombreux artistes, acteurs culturels, animateurs sociaux et la participation active d’habitants.

Dans  les quartiers d’Arenc et de la Joliette, « Quartiers Libres » se penche sur le mouvement lié aux mutations urbaines, aux représentations qu’elles suscitent et qu’elles rencontrent, avec le concours du CICRP et du Cirva. « Quartiers Libres » se concrétise par l’invention de navigations urbaines et d’ateliers placés sous le signe des patrimoines. Différents publics sont associés à ces actions, dont un groupe d’élèves du collège Jean-Claude Izzo situé dans le récent quartier d’affaires de la Joliette. Avec l’artiste Alfons Alt dont le travail mêle différentes techniques de l’histoire du médium photographique à la gravure et la peinture, les collégiens sont sensibilisés à la manière dont s’affiche encore la mémoire de cette partie de la ville dans l’espace urbain.

Avec la réalisation de visites du Cirva, nous attirons l’attention des publics sur l’acte de transmission et les inévitables évolutions d’un projet, en soulignant notamment la qualité des modes de collaboration mis en œuvre entre un artiste et les maîtres verriers. Il s’agit de lire ce qui se cache derrière chaque création, une somme d’échanges, de tentatives, de recherches et de désirs. Progressivement, le récit qui se développe au cours de la visite résonne avec d’autres expériences culturelles partagées par les publics sollicités. Comment traduire le désir de l’autre si ce n’est en se l’appropriant et en le développant ?

La démarche artistique d’Alfons Alt est aussi bien sensible à l’histoire du médium photographique qu’à l’expérimentation. En faisant évoluer une technique qui date du début de la photographie, la résinopigmentyte, à l’aide des techniques graphiques, il tente de capter dans ses créations visuelles l’épaisseur du temps. De manière assez similaire à l’activité du Cirva, il poursuit un travail qui est sensible au comment (au sens de la technè) et à l’inattendu, voire à l’accident, car il lui est impossible de prévoir exactement les qualités de ses images en cours de création.
Avec « Quartiers Libres », il met en forme un processus qui se prête aux histoires, il nous invite à considérer la photographie comme un moyen de révéler ce que nous ne voyons pas, ou si peu. De la même manière que ce qui se retire est mis en avant place de la Joliette – il suffit de penser à la proximité de la mer pourtant inaccessible du regard – on ne devine pas le partage d’expériences qui se cache derrière chaque production du Cirva. C’est dans ce sens qu’Alfons Alt élabore une passerelle visuelle entre les mutations urbaines et la création artistique, à partir de la transformation des quartiers de la Joliette et d’Arenc jusqu’au Cirva.

quartierslibres23.blogspot.fr
enitalique.fr


PPIM et SARA au Cirva, 2012
Photo : A. Alt
PPIM et SARA au Cirva, 2012
Photo : A. Alt
PPIM et SARA au Cirva, 2012
Photo : A. Alt
Au Cirva, 2012
Photo : A. Alt
Au Cirva, 2012
Photo : A. Alt
Au Cirva, 2012
Photo : A. Alt
Au Cirva, 2012
Photo : A. Alt
Atelier, 2012
Photo : A. Alt
L'atelier du Cirva, 2012
Photo : A. Alt