Le Pont

Musée d’art contemporain [mac]
13008 Marseille
Exposition ouverte du 25 mai au 20 octobre 2013.

« Il n’y a pas si longtemps en Provence, Paul Cézanne, pour témoigner l’observation des jours à venir, se posta en face d’une montagne, la Sainte Victoire. Maintenant, en Provence, je me suis placé moi-même en face d’une poésie comme le fit Cézanne avec sa montagne. Dans le domaine musical, Gérard Grisey a traduit en musique des vers de Christian G. Guez Ricord afin de passer le seuil : « Quatre chants pour franchir le seuil ». Pour traverser « Le Pont », j’ai traduit moi-même plastiquement des poésies de Christian G. Guez Ricord. Quand Thierry Ollat m’a invité à l’exposition « Le Pont », j’avais déjà parcouru la moitié du pont, là je viens de le traverser tout à fait. J’ai vu le fleuve asséché de mon temps malheureusement aride, il exhibe son lit défait. Tout devait recommencer avec urgence. Ce recommencement m’a été possible en utilisant des instruments tombés en désuétude dont le mot en poésie, la lettre du mot en poésie. La poésie est un matériau terrestre, le mot est la pensée, et la pensée est le futur de l’image. Ici, la poésie Neumes de Christian G. Guez Ricord, tirée du livre édité par mon ami André Dimanche en 1983, a été ma montagne Sainte Victoire. Je me suis mis en face d’elle pour créer un alphabet visuel. Nos paupières épèlent des sons en déchiffrant des lettres formant des figures avec leur voix. Résonne le verre passé au crible des fours du Cirva. Chante la forme polie par l’eau passée entre les mains. Ce temps se fait transparent à nos yeux ; il tire les mots du vide et, à partir du vide, il écrit avec notre attention ce que les yeux réapprennent à voir en compagnie du cerveau. Quelque chose de grammaticalement clair. La poésie est notre corps, tous les deux des matériaux terrestres. Cela s’est passé en Provence, en traversant un pont, tandis que j’allais vers une révolution : réapprendre à appeler les choses par leur nom. Une fleur est de nouveau une fleur. » (G. Caccavale)

Présentation de l’œuvre Scrittoio, Istituto di traduzione parte II réalisée au Cirva par Giuseppe Caccavale.


Giuseppe Caccavale, Scrittoio, Istituto di traduzione parte II (détail) dans l'exposition « Le Pont », Marseille, 2013
Photo : V. Ecochard - O. Mistrih