Né à Lisbonne en 1968, Francisco Tropa développe une pratique protéiforme, centrée sur la sculpture mais questionnant la notion de représentation en ayant recours aussi bien à l’image, animée ou fixe, à la performance et à l’installation. Il a travaillé au Cirva en 2016–2017.
Francisco Tropa dans l’atelier du Cirva, 2017. Photo : C. Capelle / Cirva
- La trace du sein, 2016–2017.
- Monument, 2016–2017.
- Le Firmament, 2016–2017.
- Terrace, 2016–2017.
- Têtes, 2016–2017.
- Talustrappe, 2018 (35 exemplaires d’un astragale en pâte de verre, pour une édition couplée à un porte-monnaie en bronze).
2017
- « Francisco Tropa – La moustache cachée dans la barbe », galerie Jocelyn Wolff, Paris.
2018
- « Una fornace a Marsiglia. Cirva », Fondation Querini Stampalia, Venise (Italie).
- « Francisco Tropa – Le Grand Café, La moustache cachée dans la barbe », Le Grand Café, Saint-Nazaire.
2019
- « Francisco Tropa. O Pirgo de Chaves », Museu Calouste Gulbenkian, Lisbonne (Portugal).
- ARCO (International contemporary art fair), Madrid (Espagne), stand de la galerie parisienne Jocelyn Wolff.
- « Renversant ! Quand art et design s’emparent du verre », La Cité du Vin, Bordeaux.
- FIAC, Paris, stand de la galerie Jocelyn Wolff.
Le Firmament témoigne d’une démarche humaniste. Cette sculpture-objet évoque directement la voûte céleste grâce à sa grande demi-sphère en verre soufflé d’un bleu ciel subtil et évanescent. En son centre, un délicat mécanisme d’horloger lui permet de tourner légèrement sur elle-même, à l’image des lentes rotations de la planète. Le tout donne le sentiment de flotter dans l’espace, tout en étant bien arrimé à la terre au moyen d’une plaque de cuivre, métal composant notre croûte terrestre, fondamental à la vie et puissant conducteur d’énergie. Le Firmament est une allégorie des grands mythes qui construisent notre monde : les découvertes de Copernic et de Galilée sur le système planétaire ou encore l’évocation du système géocentrique de Ptolémée au sein duquel dans le huitième ciel du firmament, les étoiles étaient fixes et étaient faites de cristal. Espace du ciel qui sépare les eaux supérieures des eaux inférieures, Le Firmament puise aussi dans son acception biblique une charge symbolique très puissante.
Francisco Tropa pense l’art dans son universalité. Il actionne les concepts qui soustendent nos philosophies contemporaines en revenant sur des fondamentaux de l’histoire. Par association d’idées ou par effet de ricochet, ses œuvres ouvrent des perspectives temporelles et épistémologiques qui incitent à rebattre les cartes des connaissances et des certitudes.
Cette œuvre multiple éditée par le Cirva, comporte deux éléments a priori complètement étrangers : un os du squelette humain réalisé en pâte de verre, le talus, qui prend comme écrin un porte-monnaie moulé en bronze, ouvert comme une offrande. Ce talus, aussi anciennement nommé astragale, rappelle l’osselet qui dans la Grèce ancienne faisait office de dé à jouer, mais également l’amulette qui prêtait à la divination dans l’Antiquité.
Petit objet qui se loge dans le creux de la main, l’astragale est à la fois une mesure, un instrument stratégique du jeu de hasard et d’argent, ainsi qu’une marque de valeur dans l’échange et le troc. Il est peut-être moins étonnant de le voir réuni au porte-monnaie, petite bourse qui recueille le fruit des transactions économiques, celle que nous portons tous sur nous comme un talisman tant elle devient indispensable et quotidienne.
Un multiple porte-bonheur qui rejoint la famille des œuvres de Francisco Tropa dont l’essence est de transposer les objets d’un matériau à l’autre pour signifier les traductions de concepts, d’images ou de langages.
La trace du sein s’appuie sur l’histoire d’une empreinte de sein retrouvée à Pompéi aujourd’hui détruite, ainsi que sur un dessin réalisé par Théodore Chassériau visible au musée du Louvre. Le sein de verre, de couleur laiteuse, suspendu à sa branche d’argent, tournoie perpétuellement sur lui au fil des passages pour dévoiler ou dissimuler son intimité. Un jeu de cache-cache qui arrache l’œuvre à son immobilité, et dont l’image ondulante intègre la valse circulaire de l’exposition.
- Una fornace a Marsiglia. Cirva, Skira, 2018
ISBN : 978-88-572-3804-3 - La moustache cachée dans la barbe, PARAGUAY, 2018
ISBN : 978-2-918252-53-5
Une fascination pour l’histoire, l’archéologie et les mythes entourant les sources de notre civilisation le prédispose à l’invention de dispositifs narratifs qui sans cesse prennent en compte le cycle du temps et de la création. Il nourrit ses productions de connaissances savantes et d’une approche philosophique tout en sachant conserver le mystère de l’objet universel, cultivant les aspects rituels, artisanaux et populaires.
Francisco Tropa est accompagné par la galerie Jocelyn Wolff (Paris), par la galerie Gregnor Podnar (Berlin) et par la Galeria Quadrado Azul (Porto). Représentant le Portugal à la Biennale de Venise en 2011, il a également participé à la Biennale d’Istanbul (Turquie) en 2011, à Manifesta 3 à Ljubljana (Slovénie) en 2000, à la Biennale de Melbourne (Australie) en 1999 et à la Biennale de Sao Paulo (Brésil) en 1998. Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions personnelles au Portugal, en France et en Europe, dans plusieurs institutions reconnues (Museu de Lisboa, Cultugest à Lisbonne, Mudam à Luxembourg, La Verrière à Bruxelles, Atelier Calder à Saché, Musée régional d’art contemporain de Sérignan, etc.).