Marguerite Maréchal (née en 1999, à Reims) est une artiste plasticienne, vivant et travaillant à Marseille. Elle obtient son DNSEP à l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence en 2023.

Sa pratique de sculpture mêle structures architecturales et corporelles. Les formes se déploient dans l’espace, interrogeant les dépendances qu’elles entretiennent les unes avec les autres et les tensions qui les traversent : les enjeux de vulnérabilité et de codépendance sont ainsi ses deux principaux arcs de recherches. Elle prend le parti de faire de la fragilité une force et l’impose dans l’espace afin de nous remettre face à nos propres vulnérabilités.

À travers ses sculptures, elle extériorise des ressentis corporels liés à sa propre expérience du handicap. Ces ressentis, bien qu’individuels, ont également une portée universelle, ce qui permet leur partage ou leur découverte. Ainsi, elle propose une observation et une remise en question des systèmes de redressement tant du monde médical que dans la société.
 

💬 Note d’intention de l’artiste, 2025
Dans mon processus de travail et mes sculptures, je contrains les matériaux, je les épuise, les maintient dans un équilibre d’existence précaire, révélant leur fragilité, jouant avec les cassures.

Le verre est plus solide qu’on ne le croit communément, mais retient une apparence translucide et légère associée à la fragilité. Cette dualité entre état perçu et état réel, ou bien entre la grande solidité du verre épais et l’extrême fragilité du verre fin, m’intrigue et m’attire. Durant ma résidence au Cirva, je souhaite explorer les différentes manières dont le corps s’exprime ou s’imprime au travers du verre. Tout d’abord en partant des caractéristiques physiques du verre, je souhaite tester les limites de sa solidité et aller chercher sa fragilité sans toutefois le casser. Souple lorsqu’il est chauffé, solide une fois refroidi, le verre traverse ces deux états opposés qui se retrouvent également dans le corps, lors des états d’effort ou de repos des muscles et des articulations. Je m’intéresse à explorer les ressentis du corps qui se rapprochent des caractéristiques qu’on applique au verre.

Enfin, le verre est également lié au souffle. À l’hôpital, un outil est utilisé dans le cadre de la rééducation respiratoire. Il s’agit de souffler, ou aspirer, dans un tube afin de faire monter ou descendre des billes. Et dans la technique du soufflage, le verre imprime la capacité pulmonaire du souffleur.
 
🌍 🤳 Marguerite Maréchal