Fræme, Friche la Belle de Mai, Marseille, France
20 mai – 27 septembre 2026
💫 Vernissage : 20 mai, 17 h – 22 h
Exposition personnelle d’Abdessamad El Montassir, présentée par Fræme et accompagnée par la Friche la Belle de Mai, en partenariat avec le centre d’art Kulte (Rabat) et le Cirva — un évènement organisé dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026

Que se passe-t-il lorsque les modes d’articulation des mémoires et de l’espace politiquement construit, rencontrent à la fois une nécessité de savoir et un droit à l’oubli ?

Avec « Sur les ruines, les pierres fleurissent », Abdessamad El Montassir nous propose une plongée dans le désert et ses récits silenciés, qu’il envisage comme un ensemble archipélique traversé de présences humaines et non humaines, de mémoires enfouies et de temporalités disjointes. Un territoire vivant où les plantes, les arbres, les montagnes, le sable et le vent deviennent à leur tour des témoins actifs, capables de conserver et de transmettre ce que l’Histoire officielle laisse dans l’ombre.

Originaire du Sahara au sud du Maroc, Abdessamad El Montassir développe une pratique située à la croisée de l’art et de la recherche, dans laquelle le paysage n’est jamais une entité passive, mais un acteur à part entière. Ses projets s’ancrent dans une attention portée à ce qui échappe à la parole : celle des humains qui ne peuvent, ne veulent ou ne parviennent plus à témoigner, et celle, plus discrète, des entités non humaines qui s’expriment dans des temporalités qui nous échappent. De cet intervalle naissent des récits fragmentaires, où la transmission se construit dans la rémanence.

L’exposition « Sur les ruines, les pierres fleurissent » réunit des œuvres récentes et de nouvelles productions qui invitent à suspendre le regard et à prêter attention à ce que révèlent les paysages. Elle propose une lecture renouvelée des territoires désertiques, non comme des espaces figés, mais comme un ensemble de constellations d’entités animales, végétales, humaines et minérales dignes.

Abdessamad El Montassir nous invite à affleurer ces récits fragmentaires, portés par ce qui persiste malgré l’effacement, rappelant que ce qui n’a pas été dit n’a jamais cessé d’agir. L’exposition se déploie ainsi comme une expérience d’écoute et de perception, nous engageant à reconsidérer la manière dont une historisation alternative se réinvente et se transmet au-delà des mots.
 
Né en 1989 Abdessamad El Montassir travaille entre la France et le Maroc. Il est diplômé de l’Institut national des beaux-arts de Tétouan et de l’École normale supérieure de Meknès. Ancien pensionnaire de la villa Médicis à Rome, son travail a fait l’objet d’expositions personnelles, dont « Trab’ssahl » à Bétonsalon à Paris, « Mémoires des cendres » à la Maison Salvan à Labège, « Nourssahal » à Pushtoenter à Seoul et « Une pierre sous la langue » au Frac Franche-Comté à Besançon.
Ses recherches sont axées sur une trilogie : le droit à l’oubli, les récits fictionnels et viscéraux, et le trauma d’anticipation. L’approche d’El Montassir est interdisciplinaire et prend forme dans des collaborations avec des scientifiques, des poètes et des citoyens-témoins. Son travail se déploie dans des installations visuelles et sonores.
 

✍️ Commissariat

Gabrielle Camuset

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