Estrid Lutz

Estrid Lutz est née en 1989, elle est diplômée de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris et du Art Center College of Design Los Angeles. Elle vit et travaille au Mexique.

« Je m’approprie des matériaux industriels de haute technologie afin de changer leur usage d’origine vers plus de poésie, de brutalité et de surprise à travers un champ d’application qui leur est étranger. Mes sculptures et mes collages récents sont réalisés à partir de matériaux résistants et légers dits lightcore incluant le kevlar, des structures aluminium en nid d’abeille, de la fibre de carbone, de la fibre de verre ou encore de la résine époxy. Ces matériaux sont communément utilisés lors de la fabrication de satellites, de vaisseaux spatiaux, d’avions, de voitures, armes, gilets pare-balles ou de dispositifs de communication à grande échelle.

Je souhaite mener au Cirva des voyages cosmiques expérimentaux sans limites. J’imagine des projections d’espaces comme des océans aériens, une fusion d’infra-vies des mers et des ciels, et aussi des cyberespaces en perdition dans des dispositifs poétiques de réalités virtuelles. Mon projet débute avec l’image d’une vague qui se décroche de la croûte terrestre pour rentrer en orbite et se balader autour de la terre, frôlant divers engins spatiaux, débris électroniques égarés, informations secrètes et micro-organismes invisibles des abysses ayant étant été projetés lors de cette marée inter-espaces. Ma recherche sur le verre pourrait être assimilée à une ballade autour de diverses formes non identifiables, provoquant des collisions, des rencontres, des fusions, des diffractions, des disparitions, des recognitions inattendues dans une brume qui embrasse le syndrome Kessler. J’imagine une fabrique de « débris » de verre produisant de l’énergie, de la lumière par exemple, et des jeux de profondeurs optiques faisant apparaitre et disparaître des images selon la disposition des cellules, ou encore des coexistences d’entités psychiques technologiques errantes dans la transparence qui produisent de la matière connectique. »

 

 

Estrid Lutz was born in 1989. She is a graduate of the École nationale supérieure des beaux-arts de Paris and the Art Center College of Design Los Angeles. She lives and works in Mexico.

« I appropriate hi-tech industrial materials in order to turn their original purpose into something more poetic, brutal, and surprising by applying them in an alien way. My recent sculptures and collages were made from sturdy, lightweight materials known as lightcore, including kevlar, aluminium honeycomb, fiberglass, and epoxy resin. These materials are commonly used to manufacture satellites, spaceships, aircraft, cars, weapons, bulletproof vests, and large-scale communications devices.

At the Cirva, I would like to take experimental cosmic trips without limits. I am dreaming up projected spaces, such as floating oceans, a fusion of the infralives in the seas and the skies, as well as cyberspaces in distress in poetic virtual reality devices. My project begins with the image of a wave that detaches from the earth’s crust, enters orbit, and circles the earth, brushing past a variety of spacecraft, stray electronic debris, secret information, and invisible microorganisms from the abyss that were spit out during the interspatial tide. My research on glass can be likened to a ballad based on various unidentifiable shapes, provoking collisions, encounters, fusions, diffractions, disappearances, and unexpected recognition in a fog that includes the Kessler syndrome. I am imagining a glass “debris” factory producing energy—light, for example—and a play on optical depths causing images to appear and disappear according to the arrangement of cells and even the coexistence of technological psychic entities wandering about in the transparency and which produce connective material. »

 

Également en résidence :

Jonah TakagiGrégory GranadosBrynjar Sigurðarson et Veronika SedlmairTamar HirschfeldMathieu MercierMorgane TschiemberJorge LeónBéatrice BalcouBaptiste MeynielMartin BoyceChristian SebilleChristodoulos Panayiotou