Sara de Campos

Née en 1989 au Portugal, Sara de Campos vit et travaille à Lisbonne (Portugal). Diplômée de l’ECAL (École cantonale d’art de Lausanne, Suisse) en 2017, elle a remporté le Grand Prix Design Parade de la villa Noailles en 2018. Elle est en résidence au Cirva dans le cadre du partenariat avec la villa Noailles.

studiosaradecampos.com

 

« C’est d’abord la qualité du regard porté sur les choses qui l’entourent et la justesse de son appréciation du sensible qui frappent chez la designer Sara de Campos. Aucune concession à la logique consumériste des objets n’est accordée, sa démarche est plutôt celle du scrutateur qui cherche à revenir sur l’essentiel de la fonction. Lorsque Sara de Campos conçoit une forme, elle s’intéresse avant toute chose aux origines de celle-ci pour questionner l’intelligence de l’objet. Pourquoi l’a t-on créé originellement ? Avec quels gestes, quels outils et pour quels usages ? C’est ce retour aux sources qui lui évite de surproduire, qui lui permet de s’inscrire dans une histoire des gestes et des usages, apportant de la modernité à l’archaïque.

Pour son projet de vase au Cirva, elle décide de revenir à la forme « prototype » qu’elle imagine être le cylindre : la forme la plus radicale en adéquation avec sa fonction. Elle met l’accent sur les qualités intrinsèques du verre et ses réactions à la lumière. En travaillant de façon extrêmement subtile les rebords, les angles et la texture extérieure des vases, elle invente un paysage méditerranéen. Les couleurs choisies sont, d’une part, celles du miroitement de la mer et des effets d’ondes sur l’eau, et d’autre part, celles des couchers de soleil sur l’horizon marin, dans toutes les nuances de leurs dégradés. Les bords des vases soufflés, polis en pente douce, ainsi que les incisions gravées sur les épaisses parois, évoquent la géographie minérale des calanques. Pour les pâtes de verre, le paysage se déplace vers l’arrière-pays dessinant le creux d’une vallée entre les montagnes rocailleuses. Ce sont des contenants lourds et puissants, faits pour recevoir des fleurs du pourtour méditerranéen, des fleurs résistantes à la sécheresse et au vent.

L’expérience du verre pour Sara de Campos fait aussi partie du registre de l’essentiel. Elle le considère comme un matériau générique, un incontournable du panel créatif du designer contemporain. Mais comment l’aborder sans aucune connaissance technique ? Faire confiance à la main de l’artisan lui procure tranquillité et assurance pour explorer les chemins de l’innovation, risquer les traverses de l’échec et renouveler les techniques dans le dialogue et dans l’échange. Cette posture, humble et généreuse, se comprend en cohérence avec les origines de Sara de Campos. Née au Portugal, d’une famille de vignerons, le rapport à la terre, au paysage, aux savoir-faire et à l’épicurisme fait partie intégrante de son histoire et de son parcours. Formée ensuite à l’ECAL en Suisse, elle développe une exigence qui lui permet d’inscrire ses projets dans le sillon de l’industrie et de la production. Aujourd’hui, Sara de Campos collabore avec le Cirva et Sèvres – Cité de la Céramique grâce à la villa Noailles et au Grand Prix Design Parade qu’elle a obtenu en 2018. Ce sont autant de techniques et de matériaux nouveaux qui sèment un parcours à venir riche en collaborations et en explorations. » (Isabelle Reiher)

 

Également en résidence :

Béatrice BalcouBaptiste MeynielMartin BoyceChristian SebilleChristodoulos Panayiotou
Sara de Campos dans l'atelier du Cirva, 2018
Photo : C. Capelle / Cirva
Recherches en cours, 2018
Photo : C. Capelle / Cirva
Recherches en cours, 2018
Photo : C. Capelle / Cirva
Recherches en cours, 2018
Photo : C. Capelle / Cirva
Recherches en cours, 2019
Photo : C. Capelle / Cirva
Recherches en cours, 2019
Photo : C. Capelle / Cirva
Recherches en cours, 2019
Photo : C. Capelle / Cirva
Recherches en cours, 2019
Photo : C. Capelle / Cirva
Sara de Campos dans l'atelier du Cirva, 2019
Photo : C. Capelle / Cirva
Recherches en cours, 2019
Photo : C. Capelle / Cirva
Recherches en cours, 2019
Photo : C. Capelle / Cirva
Recherches en cours, 2019
Photo : C. Capelle / Cirva